Accueil > Cathédrale >

Les fouilles de la Cathédrale ensablées... provisoirement !

24 août 2010

Avant d’entamer les travaux de restauration du transept, les archéologues de l’équipe de Raymond Brulet se sont activés sur le chantier des fouilles de la Cathédrale. Un été dans les entrailles de Notre-Dame avant la suite du chantier. Pendant deux mois, les archéologues ont fouillé sans relâche, partageant leur temps entre la Rue Perdue et la Cathédrale. Le résultat est à la hauteur des espérances... Une découverte vient d’être réalisée.

C’est à partir d’aujourd’hui que progressivement les fouilles seront ensablées pour être protégées pendant la suite des travaux. Elles seront ensuite recouvertes d’une dalle de béton, percée de trous de manière à aspirer rapidement le sable lorsqu’il s’agira de valoriser touristiquement le site. Cette option qui a été retenue est, comme le souligne Raymond Brulet, habituelle, elle permet de préserver le site archéologique en attendant qu’il soit à nouveau accessible.

Cet été, l’équipe d’archéologues a sondé le sol pour en extraire les derniers éléments, indispensables à la compréhension de la construction des différents édifices religieux.

Responsable de l’équipe d’archéologues, Raymond Brulet a présenté les résultats de ces fouilles à l’occasion d’une réunion technique présidée par Serge Hustache et à laquelle participaient la Région wallonne, la Ville de Tournai, l’intercommunale IDETA mais aussi le Professeur Bonnet, membre de l’Académie française et spécialiste de l’archéologique médiévale. Lié à la Cathédrale de Genève, Charles Bonnet a fourni ses conseils avisés pour de nombreux chantiers de valorisation de fouilles, partout dans le monde.

Ambon et soléa

La campagne de fouilles 2010 visait deux zones très différentes de la cathédrale : la troisième travée de la nef centrale et la dernière travée ouest de la basse-nef nord. Il fallait compléter l’information sur les églises anciennes dans des zones qui échappaient encore à la connaissance des archéologues mais aussi mieux cerner les fondements de la tour-façade de l’église du XIe siècle et du petit espace libre existant entre cette tour et le porche de la cathédrale actuelle. Pour la troisième travée de la nef centrale, il fallait mettre au jour la liaison inconnue entre la nef et l’avant-chœur de la cathédrale du XIe siècle, localiser la première série des piliers qui supportaient la nef centrale des églises carolingiennes (ou plus anciennes) et bien sûr découvrir l’ambon (Aux Ve et VIe siècle surtout : pièce circulaire surélevée, chaire de lecture des textes, placée à l’extrémité de la clôture qui sépare le chœur de la nef. A Tournai, d’après les constatations chronologiques, il semble que le premier ambon existait aux temps d’Eleuthère (qui vivait à la même époque que Clovis) et que le second ait dû être utilisé par Agrecius (qui vivait à la même époque que Chilpéric) de l’église du Haut Moyen-Âge qui prolongeait la solea (couloir très étroit donnant accès à l’ambon, à partir du chœur et réservé à l’évêque), découverte lors de campagnes de fouilles précédentes, sous la seconde travée de la nef centrale romane.

Aidés par l’entreprise Monument et par une équipe de la Région wallonne, les archéologues ont travaillé rapidement, de fin juin à fin août, pour ne pas retarder le chantier de restauration du bâtiment.

Des échafaudages vont être posés dans les jours ou les semaines à venir, il était indispensable de recouvrir rapidement les fouilles et de les protéger aussi. Et l’examen des fondements permettra, à terme, la valorisation touristique des fouilles, reliant nef nord et nef centrale.

Que dit le sol ?

Dans la nef nord, on peut désormais dresser le plan des fondations de la tour occidentale. Dans la nef centrale, on a retrouvé les vestiges monumentaux de l’emmarchement qui séparait la nef centrale du sol surélevé de l’avant chœur ont été dégagés (3 marches).

C’est dans cet espace que siégeaient les chanoines du XIe siècle. On a également localisé les bases de deux piliers appartenant aux églises plus anciennes. Mais la surprise archéologique est surtout venue de la découverte de deux ambons superposés, l’un que l’on peut relier à la première église paléochrétienne (Ve siècle : l’époque de Eleuthère) et du milieu du VIe siècle (l’époque de Chilpéric et de l’évêque Agrecius), dans un bon état de conservation.

Le sol de la Cathédrale de Tournai est riche. Et les archéologues n’ont pas ménagé leurs efforts. Inaccessibles un temps, les fouilles reverront le jour rapidement, le Ministre Lutgen avait promis, lors d’une visite dans la cité des cinq clochers, de dégager des fonds complémentaires pour leur mise en valeur.

Entre-nous

Serge Hustache - Le citoyen

Newsletter

Un coup d’oeil sur l’actualité, des bons plans, des concours… Inscrivez-vous à la newsletter de Serge Hustache !

Boîte à idées !

Des idées à donner ou à partager ? Donnez-lez ! suivez-nous !

Trucs et astuces du Département des Espaces verts

Tous les conseils du Département des Espaces verts de la Province de Hainaut pour vos plantes et vos jardins.

Dernière astuce : La plantation d’une haie