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L’expertise du CARAH s’exporte en Chine

11 août 2011

Fin juillet, dans le cadre d’un accord de collaboration scientifique soutenu par Wallonie-Bruxelles International, deux agronomes du CARAH, Christian Ducattillon et François Serneels, ont apporté leur contribution au séminaire national annuel sur le mildiou de la pomme de terre organisé pour l’ensemble des services de protection des végétaux de Chine.

Plus de septante participants venant d’une vingtaine de provinces importantes productrices de pomme de terre y ont parlé de la production de pomme de terre dans une dizaine de contextes locaux très différents. Ils ont examiné la manière dont démarraient des programmes d’avertissement pour la lutte contre le mildiou de la pomme de terre.

Au Fujian, sur la côte méridionale de Chine, la pomme de terre peut être cultivée en toutes saisons en conditions quasi tropicales, mais y est surtout cultivée en plein hiver pour approvisionner Shanghai en primeur ; au Ningxia, à la frontière de la Mongolie, des pivots d’irrigation géants (plus de 100m de rayon) permettent de faire surgir en plein désert des centaines d’hectares de pomme de terre ; entre les deux, on trouve des pommes de terre sur des terrasses de montagnes vertigineuses au Yunnan, dans les rizières sous-paillage de chaume de riz en contre-saison à Chongqing, en petites parcelles potagères dans les zones les plus densément peuplées au Guizhou ou au Hubei, en champs si vastes qu’on n’en voit pas le bout, dans des fermes dont la mécanisation atteint déjà un stade comparable à celui de notre région vers 1970, comme en Mongolie intérieure, à la frontière russe.

Le mildiou, un fléau

Partout le mildiou détruit encore régulièrement jusqu’à 30 voire 50% des récoltes ! Des champs entiers peuvent être complètement « brûlés ». Dans certaines régions, comme au Ningxia ou au Gansu, plusieurs stations météo spécifiques sont déjà opérationnelles auprès des services de protection des végétaux ; mais c’est surtout à Chongqing que ce réseau travaille déjà, suite à la collaboration initiée depuis 1999 entre le Carah et les services agricoles locaux. Mais le relief montagneux, la petite taille des parcelles et la difficulté d’y mécaniser le travail y imposent une application très progressive du système d’avertissement.

Dans d’autres régions, les premières stations météo seront installées dans les mois qui viennent pour y lancer à leur tour ce type de programme dès 2012.

A l’extrême Nord-est de la Mongolie intérieure, une vaste étendue monotone de collines très douces alterne principalement d’immenses prairies verdoyantes pâturées par des troupeaux laitiers et quelques champs, mais quels champs ! Ils s’étendent à perte de vue parfois ; du blé, du colza, de l’orge, et bien sûr des pommes de terre. La petite ville de Yakeshe, à 100 km de l’aéroport le plus proche, y accueillait ce séminaire pour assurer une décentralisation de ces rencontres annuelles d’agronomes venant des quatre coins de la Chine, parfois à des milliers de kilomètres de là .

C’est là aussi que le système d’avertissement pour la lutte contre le mildiou, spécialité du Carah depuis 20 ans, trouve sans doute son application la plus aisée et la plus rapidement productive en raison de la grande homogénéité des conditions climatiques et des sols, et de la relative mécanisation déjà en place.

Le Carah apporte son expertise

La mission des agronomes du Carah consistait à vérifier les applications embryonnaires en cours et former un groupe supplémentaires d’agronomes chinois ; deux premières éditions de ce séminaire avaient déjà permis de former deux premiers groupes : à Chongqing en 2008 et dans une autre région de Mongolie intérieure en 2009. Ce séminaire-ci était rehaussé par la présence du numéro deux chinois de la protection des végétaux, qui , dans une intervention finale de plus d’une heure, a exhorté ses collaborateurs à intensifier leurs actions sur le terrain pour l’application du système d’avertissement et à annoncer la mise en place d’une politique nationale de protection de la pomme de terre faisant suite à cette première série d’actions.

En effet, dans de nombreuses régions la pomme de terre constitue une denrée vivrière de base pour la population rurale, mais en plus, elle présente à l’échelle nationale le plus haut potentiel d’amélioration de la production puisque le rendement moyen n’atteint encore qu’une petite quinzaine de tonnes par hectare, dans beaucoup de situations, sa productivité alimentaire dépasse celle des autres cultures, et en particulier ses besoins en eau sont bien moindres que ceux d’autres cultures.

En Belgique aussi

D’autres actions sont déjà programmées pour les semaines et les mois à venir, tant en Hainaut (visite d’agronomes chinois à Potato-Europe, à Kain, les 7 et 8 septembre) qu’en Chine (session de formation technique au Gansu, province occidentale produisant près de 500.000 ha de pomme de terre).

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Serge Hustache - Le citoyen

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