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"Hier les intercommunales, aujourd’hui les provinces, demain les CPAS"
1er février 2012
"Je n’ai pas l’habitude de tourner autour du pot !" avertit Liliane Lemauvais, secrétaire générale de la CGSP-Admi. Et quand il s’agit de donner son avis sur la réforme annoncée des provinces, elle ne mâche pas ses mots : le Midi de la Province, organisé dans les locaux de la CGSP de Tournai, a permis de poser les questions qui fâchent, celles qui titillent et d’y répondre sans détours. Autour du Député provincial Serge Hustache, des syndicalistes, des élus, des agents des services publics et d’autres venus exprimer leurs points de vue...
Il y a quelques semaines, Liliane Lemauvais écrivait dans le journal de la CGSP ce qu’elle pensait de la réforme des provinces. Un avis tranché et qui tranche des discours ambiants... La syndicaliste le reconnaît, avec ses trente ans d’expérience au service des travailleurs, elle a vécu de nombreuses mises en cause de l’institution provinciale. "D’ailleurs," dit-elle, "j’ai réagi tout de suite, dès la formation du gouvernement en 2009, parce que j’étais choquée qu’une déclaration de politique régionale fasse son effet d’annonce sur la suppression des provinces, sans discussions et surtout sans réflexion." Presque comme si les services rendus par les travailleurs ou le travail accompli ne comptaient pas.
Son passé professionnel lui permet de jeter un regard amusé sur les changements de cible successifs : "d’abord, les intercommunales qu’il fallait supprimer de moitié, forcément on s’est demandé ce que faisaient ces travailleurs, ensuite les provinces ont été ciblées. On en entend parler de manière cyclique. Ces provinces que l’on va supprimer pour transférer leurs compétences à des structures... intercommunales, celles qu’on critiquait il y a encore quatre ans ! Et demain, alors que la situation économique est catastrophique, on va se pencher sur l’utilité des CPAS ! "
Pourquoi cette nécessité de toujours pointer une organisation, une structure interroge Liliane Lemauvais qui insiste : ce qui compte, c’est le service le mieux rendu et le respect du personnel, peu importe finalement le reste.
Pour le Député provincial Serge Hustache, différentes explications peuvent être avancées mais sans doute celle qui paraît la plus plausible est le processus de dérégulation des services publics. "La province qui est pourtant un service public dont d’aucuns critiquent la lourdeur a pris des mesures lui évitant plusieurs centaines de licenciements et enregistre aujourd’hui un boni."
Et le Député de relever que la Province, institution si décriée, rend toujours des services capitaux pour le citoyen, comme la gestion hospitalière au Luxembourg ou l’enseignement en Hainaut, et qu’alors qu’on débat d’un transfert de compétences vers la Région, la Région songe à lui assigner de nouvelles tâches comme la gestion des cours d’eau...
L’image tronquée des services publics
Ces services publics qu’il faudrait simplement promouvoir, Liliane Lemauvais dit qu’elle doit les défendre : "ils n’existent pas en tant que tels dans les textes européens. Et on a vraiment l’impression aujourd’hui qu’à mesure que les pouvoirs des politiques diminuent, ils doivent trouver des idées et une sémantique différente, on reprend alors le même territoire et on donne un autre nom..."
Pourtant, comme la Province de Hainaut qui s’est engagée sur la voie du changement, le changement, la mutabilité, est nécessaire, indispensable à condition, dit la syndicaliste qu’il tende à une amélioration pour le citoyen ou le travailleur. Sinon, dit-elle, quel intérêt ?
Le débat, bien sûr, se poursuit. Le 17 février, c’est sur les projets de territoire qui naissent en Hainaut qu’on s’interrogera.
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